1. De nos jours, 80% des espèces marines propres à la consommation sont surexploitées ou pleinement exploitées.

La pêche artisanale de petite échelle a été remplacée par la pêche industrielle de grande échelle ayant inévitablement des conséquences sur les populations sauvages de poissons et de fruits de mer.

Près de 93,4 millions de tonnes de poissons sont pêchées dans le monde, chaque année.

Au total, 58% sont totalement exploités et 31% sont surexploités. 

Nous sommes donc face à une situation de surpêche.

Certaines méthodes de pêche sont peu contrôlées et se servent parfois beaucoup trop dans les stocks de poissons, de crustacés ou de mollusques, quitte à mettre les espèces en danger. C’est de cette manière que nous risquons d’épuiser certaines ressources, c’est le cas pour le thon rouge.

On parle de surpêche quand la hausse du nombre de captures entraîne :

  • La diminution du nombre de poissons pêchés.
  • La diminution de la taille moyenne et de l’âge moyen des poissons pêchés.
  • La diminution du nombre d’individus mâtures prêts à se reproduire.

LES CONSEILS DE BÉRU :

Évitez d’acheter des poissons provenant de stocks menacés : pour vous aider, plusieurs sites et applications recensent les poissons à éviter ou les stocks à favoriser.

En prenant en compte la population à nourrir et le respect de la pêche durable, chaque personne devrait consommer 8 kilos de poisson issu de la pêche chaque année. Néanmoins, un Français en consomme en moyenne 24 kilos, il faudrait donc commencer par réduire sa propre consommation.

Nous devons diversifier notre consommation et privilégier lors de nos achats, des espèces de poissons méconnues comme le maigre, moins en danger et moins cher.

2. Les méthodes de pêche invasives et destructrices (pêche à la senne, explosif...), sont redoutables pour les espèces marines et pour les habitats, certaines sont mêmes illégales.

Les engins de pêche sont divisés en deux catégories principales : les engins dormants (ou passifs) et les engins actifs. Les engins actifs comme le chalut de fond, les dragues ou la pêche à la senne, sont beaucoup plus impactant sur le milieu naturel et les ressources halieutiques.

La production halieutique c’est quoi ? La production halieutique est l’exploitation des ressources vivantes aquatiques. Elle regroupe les différents modes d’exploitation et de gestion (pêche, aquaculture) des espèces vivantes (végétales ou animales), dans tous les milieux aquatiques (mer et eau douce).

Ce document schématisé d’Ethic Ocean, vous informe sur les différentes techniques de pêche, avec leurs avantages et inconvénients :

LES CONSEILS DE BÉRU :

Privilégiez des méthodes de pêche respectueuses des ressources (pêche à la ligne, casiers et pièges…) et tournez-vous vers la pêche locale : un bon nombre d’espèces que nous aimons vivent dans les eaux françaises (dorade, mulet ou rouget) !

En tant que consommateur, vérifiez les méthodes de pêche sur les étiquettes, les poissonniers ont l’obligation de les indiquer. Les techniques utilisant les casiers et les lignes sont plus sélectives que les chaluts par exemple. Les ONG et scientifiques nous conseillent aussi de manger des poissons issus de la pêche locale. Les zones de pêche doivent aussi être indiquées sur les étals des poissonneries.

3. Le problème de ces pêches peu ciblées est le « bycatch ». C’est la capture involontaire d’espèces marines juvéniles ou protégées (dauphins, tortues, requins…) lors d’une pêche ciblant des espèces spécifiques.

En moyenne, les captures accessoires représentent 27 millions de tonnes de poissons par an, selon la FAO (sur 94 millions de tonnes de poissons pêchés). Le manque de sélectivité et une mauvaise utilisation des engins de pêche sont des facteurs qui décuplent le phénomène de “bycatch“. Ces prises accessoires sont souvent rejetées mortes dans l’océan et cela en particulier dans le secteur de la pêche commerciale à grande échelle. 

Parmi ces engins de pêche non-sélectifs, les filets capturent le plus d’espèces non ciblées, qu’il s’agisse de poissons juvéniles, mais aussi d’espèces menacées. Le chalut qui exploite la crevette tropicale est la technique de pêche qui entraîne le plus de captures accidentelles de tortues marines. Le filet du chalut de fond racle les fonds marins et capture des espèces sensibles, comme les requins, les éponges et les coraux, en plus de détruire leurs écosystèmes.

La FAO, c’est l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

LES CONSEILS DE BÉRU :

Informez-vous en lisant les étiquettes, regardez la provenance, le type de pêche employé, la saison des pêches et évitez les périodes de reproduction afin de protéger la ressource.

Pour identifier les critères de reconnaissance de la pêche durable, il suffit de regarder s’il y a un bon état de stock, si la technique de pêche est respectueuse de l’environnement et s’il y a une taille minimale qui assure la reproduction des espèces de poissons.

Chaque espèce de poisson possède une taille de capture réglementaire et une saison de pêche à respecter, celle-ci peut varier selon les régions.

Lorsque vous achetez des produits issus de la pêche et de l’aquaculture, les étiquettes vous informent sur la méthode de production, la zone de pêche ou le pays d’élevage, la catégorie de l’engin de pêche et la mention “décongelé”.

4. Le secteur de l'aquaculture perturbe la chaîne alimentaire et menace les écosystèmes. Près de 20 % des prises mondiales de poissons sauvages sont transformées en farines et en huiles pour nourrir les poissons d’élevage.

22 millions de tonnes de poissons pêchés chaque année ne finissent pas dans une assiette. 82% sont réduits en huile ou en farine, comme les sardines, anchois, ou certains crustacés afin de nourrir des élevages de poissons ! Ainsi, la plupart des poissons d’élevage sont carnivores et leur alimentation est devenue industrielle, à base de farines animales d’origine terrestre et de poisson.

Les principaux producteurs de nourriture se procurent de la « matière brute » dans les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Amérique latine. Ils mettent ainsi en péril la sécurité alimentaire et la santé des écosystèmes par des pratiques de pêche non durables et par la pollution que génèrent les usines de farine de poisson. Cette pratique participe à la surpêche.

LES CONSEILS DE BÉRU :

Achetez des produits labels AB : ce poisson certifié biologique est issu d’un élevage de haute qualité respectant l’animal et l’environnement.

En France, le label public “agriculture biologique » est à privilégier pour l’achat de produits issus de l’aquaculture ou des des produits conchylicoles tels que les moules.

Pour identifier les produits issus d’une pêche durable, référez-vous à ces différents labels :

  • Le label “Pêche durable” lancé par le ministère de la transition écologique en 2017.
  • Le label “Pêche durable” du MSC.
  • Le label “France pêche durable et responsable ».
  • Le label “Pavillon France”